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Mise en œuvre : Le Génocide des Juifs et des Tziganes.

par Olivier Merveille et Véronique Dhennin-Cavigniaux

 

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Documents sous fichier powerpoint. « génocide_juifs_tsiganes »

 

 

                                               A. Mise au point sur les dessins dans les camps.

 

Il existe un très grand nombre de dessins et peintures réalisés dans les camps de concentration nazis (30 000 dessins et croquis auraient été retrouvés d’après le livre « Art of the Holocaust » de Blatter et Milton). Les dessins sont d’une grande variété et ils ont pu être réalisés par des artistes professionnels ou des amateurs. La création artistique a posé problème aux déportés à la libération. Certains estimaient qu’il n’était pas possible de se livrer à cet exercice « interdit » car punissable de mort, difficile à réaliser d’un point de vue physique et matériel (où trouver le papier ?) sans avoir eu un soutien suspect ou un traitement avantageux. Les artistes mettent au contraire en avant le courage et l’abnégation dont ils ont dû faire preuve pour créer.

                Pour les artistes, dessiner est un moyen de défier la mort, de se révolter contre la déshumanisation dont ils sont victimes et de résister car chaque dessin trouvé pouvait se solder par la mort. Les possibilités de création étaient fort différentes selon les camps (le « camp-ghetto modèle de Terezin » était équipé d’un centre culturel où les artistes pouvaient s’exprimer librement alors que c’était très dangereux à Buchenwald ou Auschwitz) et de toute façon dans la clandestinité. Les œuvres réalisées ont été le plus souvent rapportées à la libération par leurs auteurs ou des camarades rescapés (il est parfois difficile de savoir ce qui vient directement du camp, de ce qui est modifié à la libération par son auteur ou redessiné de mémoire). Les dessins sont des témoignages essentiels sur la déshumanisation dans les camps, la vie quotidienne, le travail, les sévices, les exactions des SS …

                On peut distinguer deux moments principaux dans la réalisation de ces œuvres d’art :

- Pendant la déportation, l’artiste représente les petits gestes quotidiens (l’appel, le travail, la nourriture), les coups, les corvées. Laurent Gervereau dans un article de synthèse intitulé « Représenter l’univers concentrationnaire » daté de 1995 (dans La déportation, le système concentrationnaire nazi, Musée d’histoire contemporaine-BDIC) estimait que ces dessins étaient « des appels à la vie… Ils suppriment la violence pour l’évacuer ». Dans les moments de libération, la majorité des dessins porteront sur l’horreur et sur le processus d’extermination.

- Après la libération viendra le temps pour les artistes de la commémoration où ils vont revivre et recréer ce qu’ils ont vécu : les dessins deviennent alors des témoignages. Cependant, les dessins de Delarbre à Auschwitz dénoncent dès sa période de déportation l’horreur des camps et la mort. Les dessins des déportés contribuent ainsi à la représentation de la mort de masse (jamais montrée ainsi au grand public) et à la prise de conscience des crimes commis par les nazis en justifiant ainsi la notion de crime contre l’humanité.

                Tous les créateurs déportés s’entendaient sur le fait que leurs représentations graphiques, aussi terribles soient elles, ne pourraient traduire fidèlement l’horreur concentrationnaire que ces artistes vivaient dans leur chair, qu’aucune image artistique ne saurait rendre compte de ce qui restera à jamais indicible et incommunicable.

                La peinture est la plupart du temps post concentrationnaire et sert de témoignage pour les peintres déportés à leur retour. Ils ont souvent illustré des publications collectives d’amicales ou des associations de déportés mais ils ont pu aussi réaliser des œuvres magistrales comme les travaux de Boris Taslitzky ou Isaac Celnikier.

 

 

                                               B. L’artiste David Olère, peintre, sculpteur et décorateur.

 

                                                               1. Son travail. 

Les dessins de David Olère constituent un témoignage exceptionnel. L'artiste fut, en effet, membre du Sonderkommando chargé de brûler les cadavres au sortir de la chambre à gaz. Ses dessins constituent un témoignage essentiel, vérifié par le plan des lieux et les photos prises par les nazis eux-mêmes.

                Après la guerre, l’artiste fit des toiles où l'interprétation se faisait plus forte, plus stylisée,  tout en restant proche de son vécu. Le choix des couleurs contribuent à renforcer le caractère glauque des scènes représentées.

 

                                                               2. Son parcours.

David Olère est né à Varsovie, le 19 janvier 1902. Il est juif. Dès 1918, à l'âge de 16 ans, il expose des gravures sur bois à Dantzig et à Berlin. Il est employé, en 1921, par l'Europäische Film Allianz, comme peintre, sculpteur et décorateur. En 1923, il arrive à Paris où il travaille, dans le domaine du cinéma. Il est arrêté par la police française au début de l’année 1943, interné à Drancy, puis déporté vers Auschwitz le 2 mars, dans le convoi n°49. Il est sélectionné pour le travail et commence par être terrassier. Puis, il est désigné pour faire partie du Sonderkommando, au Crématoire III de Birkenau où il transporte et brûle les corps au sortir de la chambre à gaz. Parallèlement il effectue des travaux artistiques pour les SS du camp. En 1945, il survit à la "Marche de la Mort" et est envoyé à Buchenwald, puis au camp de Melk, puis à Ebensee où il est libéré par l'armée américaine. Il meurt à Paris en 1985.

 

Différentes sources peuvent être consultées pour aborder le génocide juif par l’histoire des Arts :

  • Déportation et production littéraire et artistique, Mémoire vivante n° 32, décembre 2001 (disponible en ligne sous fichier PDF)
  • Art et littérature de la Shoah, n°968, TDC, CRDP.
  • Uri Orlev, Poèmes écrits à Bergen-Belsen en 1944, en sa treizième année, édition de l’éclat, 2011.
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